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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 14:22

Le lieu de travail, même si le temps que les salariés y passent diminue, reste un lieu de vie. Un lieu où les individus doivent, comme ailleurs et à tout moment, satisfaire un certain nombre de besoins. C’est le propre de la vie sur terre, notre matérialité impose de prendre soin de ce qui nous compose : un corps et un psychisme.

Il paraît évident qu’une machine s’entretient, qu’on ne la brusque pas, qu’on ne la pousse pas au-delà de ses limites pour éviter les pannes et la casse. C’est la même chose pour les hommes – et les femmes bien sûr !

L’homme a deux particularités que n’ont pas les machines :

- il peut aller au-delà de ses limites, en tout cas au-delà des limites qui le gardent en bonne santé (ou en bon état de marche) quand ses émotions l’y poussent. Et là, je pense autant au besoin de reconnaissance, à l’envie de se surpasser qu’à la peur du chef ou de perdre son travail, à la honte…

- Il a des besoins psychiques que n’ont pas les machines.

Lorsque les conditions de travail ne prennent pas en compte ces particularités, les hommes sont en danger. Ils peuvent tomber en panne (pardon, tomber malade) ou casser, comme les machines.

Une tendance aujourd’hui est de remplacer les hommes par des machines (on le voit tous à la poste, à la SNCF, dans les supermarchés et même les administrations). Mais les machines ne peuvent pas et ne feront jamais ce que font les hommes. Et elles ont tout de même besoin des hommes pour fonctionner correctement.

L’autre tendance est de considérer les hommes comme des machines : tout ce qu’ils doivent faire est programmer, tout comme la manière et le moment de le faire, négligeant ainsi tout le potentiel dont ils disposent, au-delà de la tâche à accomplir. Ne serait-ce qu’avoir un avis pertinent sur le travail qui leur est confié ou sur la manière de le réaliser. C’est un gâchis de compétences inestimable.

Au mieux, les passionnés vont consacrer leur temps libre à une activité qui va leur permettre de s’épanouir et vont pouvoir assurer leur travail sereinement. Pour les autres, la frustration, la mésestime vont être à l’origine de comportements destructeurs, voire de violences qui vont à l’encontre de l’intérêt de l’entreprise.

La question qui se pose en urgence est quel est le but réellement poursuivi par les décideurs qui sont, dans ces grandes sociétés adeptes de telles pratiques, des salariés qui visent eux aussi la reconnaissance et souvent le pouvoir. Est-ce la réduction des coûts pour engranger plus de profit ? Un défit intellectuel pour prouver qu’on peut toujours faire plus et mieux avec moins ? Car les décideurs sont des hommes (quelquefois des femmes) qui eux aussi ont besoin de reconnaissance, eux aussi peuvent avoir peur de perdre leur emploi, et qui, pour limiter ces risques, prennent celui de perdre leur âme.

Les jeunes des générations Y et Z, ceux qui sont nés dans les deux dernières décennies du XX° siècle en même temps que le numérique, l’ont compris et de plus en plus créent leurs sociétés sur d’autres bases car ils ne veulent pas perdre leur âme. Si nous voulons les garder dans nos entreprises, nous devons urgemment revoir nos organisations pour redonner du sens aux tâches confiées, favoriser la créativité et la prise d’initiative, garantir une vraie transparence et concilier vie privée et vie professionnelle.

 

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Published by Catherine STRUMEYER
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